Témoignage de Myrianne Bolduc
Je donne pour que chaque code rose se termine en rayon de soleil, comme lors de la naissance de ma fille Mélodie.
Du silence au premier cri : quand quelques secondes changent tout
À l’hiver 2020, j’apprenais que j’étais enfin enceinte, après plus de 8 ans en clinique de fertilité. Un petit miracle prenait vie dans mon ventre! Quelques semaines plus tard – bang – la pandémie de COVID-19 débute. Ça a été une grossesse assez particulière. Je le dis, pour toutes les femmes qui ont vécu la même situation que moi. Rendez-vous de suivi par téléphone, absence de mon conjoint lors des échographies et des monitorings, etc. C’était assez stressant comme situation avec la COVID-19, mais j’ai somme toute eu une belle grossesse. Le personnel soignant était à l’écoute et rassurant. À chaque rendez-vous, je me sentais bien pris en charge.
Le 5 septembre au midi, je crève mes eaux.
Mon conjoint et moi nous rendons à l’Unité mère-enfant de l’Hôtel-Dieu de Lévis. Après quelques heures, le travail ne débute toujours pas. Je reste tout de même confiante. Nous sommes bien entourés par l’équipe soignante. Le cœur de bébé est surveillé de près. Lors de mes monitorings de grossesse, on constatait que le cœur avait tendance à décélérer lors de fausses contractions. On me donne par intraveineuse des médicaments pour que les contractions débutent.
Un jeu de yoyo pendant plusieurs heures pour s’assurer que le travail avance et que le cœur de bébé va bien. Malgré les médicaments, le col ne s’ouvre pas vraiment. Ce n’est pas assez, mais les contractions sont de plus en plus douloureuses. Je décide alors de prendre l’épidurale pour m’aider dans les douleurs.
La nuit me semble très longue…
Enfin, le col commence à s’ouvrir! Le cœur de bébé est toujours en observation lors de chaque contraction.
Au petit matin, c’est le moment de pousser. Trois heures à pousser et à tout donner. La gynécologue présente finit par me dire : « Je vous fais une épisiotomie et à la prochaine poussée, il faut la sortir. » À ce moment-là, je ne comprends pas trop ce qu’il se passe.
Elle met le bébé sur mon ventre pour que mon conjoint coupe le cordon ombilical. Il ne se passe rien. Pas de cri, pas de mouvement. On entend alors un code rose. Ce fameux code qu’aucun parent ne veut entendre : l’urgence médicale pédiatrique. Comme une alarme de fin du monde.
Mon bébé est apporté sur un appareil dans la chambre et une quinzaine de personnes se retrouvent avec nous dans la chambre, autour de ma fille. Mon conjoint et moi, on pleure. On ne comprend pas ce qu’il se passe. Le bébé ne réagit pas.
Ça nous a paru une éternité, mais en réalité, ça n’a duré que quelques secondes… Les secondes les plus longues de ma vie.
Le cri, on l’entend! La gynécologue vient nous voir, rassurée. La pédiatre vient me présenter ma fille et repart avec elle à la pouponnière pour s’assurer que tout va bien. Ma fille restera un 24 heures en observation à la pouponnière et un autre 24 heures avec nous dans la chambre. Je pourrai la prendre dans mes bras environ une heure après mon accouchement.
Par après, nous avons su que son petit cœur s’était arrêté. Que des manœuvres de réanimation lui avaient été faites. L’équipement qui a servi lors du code rose a été financé par la Fondation Hôtel-Dieu de Lévis. J’avais vu un autocollant avec son logo dessus. Sans cet équipement, je n’ose imaginer ce qui aurait pu lui arriver. Je refuse de l’imaginer.
Aujourd’hui, ma fille Mélodie n’a aucune séquelle de notre accouchement. Elle a été une battante. Elle continue de mordre dans la vie. Elle fait preuve d’une imagination débordante et adore vivre pleins d’aventure avec nous au chalet ou sur la terre à bois! Elle est pétillante et énergique, un vrai rayon de soleil.
En fait, c’est mon rayon de soleil.
Ensemble, continuons à écrire l’histoire des soins de santé à Lévis.
Donner à la Fondation Hôtel-Dieu de Lévis, c’est s’assurer que les enfants nés ici puissent recevoir des soins de qualité. Que les équipes médicales aient l’équipement nécessaire, sur place, pour agir adéquatement et rapidement.
Donnez pour que chaque code rose se termine en rayon de soleil.